EUROAS

 

LE PROJET EUROPEEN SUR LA SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE ET LES AUTRES SPONDYLARTHROPATHIES

étude des facteurs génétiques de la spondylarthrite ankylosante (SA) et des autres spondylarthopathies.

Coordonnateur : Saadek Laoussadi, hôpital Cochin, service de rhumatologie 'A' Université René Descartes, Paris, France.

Contrat européen référence BMH4-CT98-3605 :

 

LA MALADIE, SES CONSEQUENCES SUR LA VIE DU PATIENT ET SON IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE.

La spondylarthrite ankylosante (SA) est le deuxième rhumatisme inflammatoire chronique, après la polyarthrite rhumatoïde (PR). Cette maladie atteint une population jeune (entre 15 et 50 ans) et n'épargne pas l'enfant. Les facteurs génétiques sont au premier plan et les formes familiales fréquentes.

Elle touche les articulations de la colonne vertébrale dans tous ses segments (dorsal, lombaire et cervical), les "soude" et par conséquent enraidit la colonne vertébrale, compromettant d'une part la souplesse et d'autre part les mouvements respiratoires. En outre, elle atteint les articulations du bassin (articulations sacro-iliaques), donnant des douleurs dans les fesses et des pseudo sciatiques surtout la nuit.

La souffance du patient est importante dans la journée comme dans la nuit. Elle perturbe le sommeil et détériore la qualité de vie. A la longue, elle peut même provoquer une véritable dépression réactionnelle.

En quelques années, la maladie peut déformer la colonne vertébrale, le plus souvent par accentuation de la courbure du dos (cyphose) qui se voûte de plus en plus, et par la projection de la tête en avant, attitude compensatrice. Dans les cas graves, le patient ne peut pl:us regarder le ciel.

Les articulations des membres ne sont pas épargnées, notamment les hanches, qui peuvent être détruites nécessitant la mise en place de prothèse totale. Les autres articulations, mains, épaules, genoux, chevilles et pieds, peuvent également être touchées.

Le pied est fréquemment atteint, en particulier le talon, ce qui rend la marche pénible, difficile, voire impossible sans l'aide de béquilles dans des cas rares. Cette atteinte est dûe à l'inflammation des attaches des tendons à l'os ou enthésiopathies (mot dérivé du terme médical qui désigne l'attache tendineuse ou enthesis). Ces denières peuvent être diffuses aux pieds, aux genoux, aux hanches et/ou aux épaules, réalisant une forme très douloureuse et handicapante de la maladie.

Les formes invalidantes et graves concernent 25 à 30 % des patients qui en sont atteints. Elles peuvent aussi affecter différents organes en dehors du squelette ! l'oeil, l'intestin, la peau avec le cuir chevelu (psoriasis) et le coeur qui peuvent être ainsi atteints. Dans ces formes sévères, le handicap et l'invalidité qui peuvent en résulter, sont responsables d'une grande partie du fardeau socio-économique consituté par ce groupe de maladies qu'on appelle aussi les spondylarthropathies (SPA). Ces dernières comprennent, en dehors de la SA des maladies comme le rhumatisme du psoriasis (peau) et les maladies inflammatoires de l'intestin (entéropathies inflammatoires) telles la maladie de Crohn et la rectocolite ulcéro-hémorragique, qui peuvent donner des manifestations axiales et/ou périphériques. Ainsi le nombre total des patients atteints de SPA se trouve augmenté et par voie de conséquence, le fardeau économique est encore plus important.

IMPACT SOCIO-ECONOMIQUE DE LA SPONDYLARTHRITE ANKYLOSANTE ET DES AUTRES SPONDYLARTHROPATHIES

Les coûts socio-économiques des SPA sont très élevés, selon des données récentes provenant d'études menées par des équipes INSERM.

La SA entraîne un arrêt de travail annuel moyen de 62 jours par patient atteint. D'autre part, à long terme, le devenir professionnel peut être compromis (1). 27 % des malades atteints de SPA sont admis en invalidité et persionnés, 20,3 % changent de profession et 20,3 % abandonnent toute activité professionnelle. En terme de coût global annuel moyen (2), pour chaque sujet atteint de spondylarthrite ankylosante, il est dépensé 44.000 F soit pour la France 13 milliards de Francs (sur la base de 300.000 sujets atteints). Ces chiffres soulignent l'importance du projet EUROAS pour la France et l'Europe, dont le bénéfice principal attendu est la santé et le bien-être des patients qui s'accompagnera aussi de la réduction à terme des coûts socio-économiques d'environ 25 %.

 

Pour le comité de pilotage : Pr. Ass. Saddek Laoussadi

Coordonnateur du projet EUROAS

Pr André Kahan

chef du service de rhumatologie A

Hôpital Cochin,

Dr Jean-François Prud'homme

Généthon

Pr Marc Delpech

chef du service de biochimie et de génétique Moléculaire

Hôpital Cochin,

Pr Dominique Charron

chef du service d'immuno-génétique et d'histocompatibilité

Hôpital Saint Louis.

Comité de Pilotage : Pr Dominique Charron*, Pr Marc Delpech**, Pr André Kahan***, Pr ass. Saddek Laoussadi***, Pr Charles-Joël Menkes***, Dr Jean-François Prud'homme****, Dr Antoine Toubert*.

* Histocompatibilité et immunogénétique, hôpital Saint Louis et Inserm U396. Paris

** Service de biochimie génétique et moléculaire, hôpital Cochin Paris.

***Service de rhumatologie A, hôpital Cochin, Paris.

**** Généthon Evry.

Partenaires de EUROAS : Allemagne, Belgique, Finlande, France, Italie, Portugal, Royaume-Uni, Suède.

Vous pouvez joindre le coordonnateur de EUROAS au secrétariat général 01.42.34.17.44.

Pr Ass. S.Laoussadi, service de rhumatologie , hôpital Cochin, 27 rue du Faubourg Saint Jacques 75014 Paris, fax 33(0)1 42 34 51 90 ou 33(0)1 47 40 92 39. Saadek.laousadi@cch.ap-hop-paris.fr

Références :

1) Guillemin F., Briançon S, Pourel J., Gaucher A. Long-terme disability and prolonged sick leaves as outcome mesurements in ankylosing spondylitis. Positive predictive factors. Arthritis rheum, 1990, 33, 1001-1006.

2) Lebrun T., Sailly JC., Vincent G. Conséquences économiques et sociales de la pelvispondylite rhumatismale. Colloque organisé par l'Institut des Sciences de la Santé. Primart Edit. 1987, pp: 19-38.

 

RECHERCHE DES GENES IMPLIQUES DANS LES SPONDYLARTHROPATHIES

Le fait qu'une composante héréditaire soit impliquée dans la spondylarthrite ankylosante est connu depuis longtemps. Ceci a été démontré par l'augmentation du risque d'avoir cette maladie lorsque l'on a un membre de la famille atteint. Le premier facteur génétique qui a été caractérisé est le HLA B27, mais il n'est pas le seul. D'autres gènes codant d'autres protéines que le B27 interviennent, mais ile sont pas encore connus. Leur recherche est l'objet du projet européen EUROAS, auquel huit pays participent. En effet, la découverte de ces facteurs génétiques permettrait de mieux comprendre comment la maladie se développe. L'espoir étant bien sûr que cette connaissance permette de proposer de nouvelles approches thérapeutiques. La première étape incontournable est donc la découverte de ces gènes.

Habituellement, une maladie héréditaire résulte du fait qu'un gène est altéré. La conséquence de ce défaut est que la protéine pour laquelle il code ne fonctionne plus. Par exemple, l'hémophilie A est due à une altération du gène qui code la facteur VIII. Cette protéine est indispensable pour que le sang coagule. Lorsqu'elle ne fonctionne pas, le sang ne coagule plus et le moindre traumatisme se traduit par une hémorragie aux conséquenses catastrophiques. Le principe est le même pour toutes les maladies héréditaires classiques comme les myopathies ou la mucoviscidose... Ces maladies sont dites monogéniques parce qu'un seul gène est en cause.

La spondylarthite ankylosante appartient à la famille des maladies dites polygéniques, comme le diabète, certaines maladies cardio-vasculaires, l'asthme... Le mécanisme moléculaire de ces maladies est très différent : il n'est pas en tout ou rien comme dans les maladies monogéniques. Le développement de ces maladies implique à la fois des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux. Dans la spondylarthrite les infections par certains microbes, par exemple jouent un rôle important. Mais même pour ce qui concerne la composante génétique, le principe mis en jeu est différent de celui des maladies monogéniques. Il en s'agit plus d'altérations de gène conduisant à des proétines qui ne fonctionnent plus, mais de variantes de gènes conduisant à des protéines qui fonctionnent moins bien. L'association d'une série de telles variantes de gènes conduit à une accumulation de petits déficits chez une même personne qui se traduit par l'apparition d'une maladie.

Depuis quelques années, des méthodes ont été mises au point pour rechercher ces gènes. Elles sont complexes et coûteuses. Un point important est que ces gènes ne peuvent être recherchés sans la participation des membres de très nombreuses familles (des centaines) où sévit la maladie. C'est la raison pour laquelle le projet est européen et implique de nombreux pays. Sans une telle échelle, les chances de succès sont faibles.

Pour rechercher les gènes impliqués dans la spondylarthrite ankylosante, il faut d'abord effectuer chez chacun des membres des familles touchées par la spondylarthrite un examen médical, une radiographie et quelques analyses biologiques. Le but est de savoir avec la plus grande précision possible, quelles personnes présentent les signes de la maladie et celles qui ne les présentent pas. Il faut aussi réaliser une prise de sang, d'environ 30 ml, d'où l'ADN (qui contient les gènes) sera extrait. Les généticiens moléculaires analysent ensuite un très grand nombre de marqueurs sur cet ADN (250 à 500 marqueurs sont analysés chez chaque personne). Des analyses statistiques complexes permettent de repérer sur les chromosomes où sont situés les gènes responsables.

Une fois les gènes localisés la seconde étape consiste à les isoler. Autant de renseignements qui à terme permettront de comprendre comment la maladie se développe, ce qui est le préalable indispensable à la mise au point de nouveaux traitements qui cette fois s'attaqueront à la cause et non aux symptômes de la maladie. Pour y parvenir le chemin est long et difficile. Encore une fois, le point fondamental sans lequel rien ne peut être fait, est la participation active du plus grand nombre de familles où la maladie sévit.

Aussi, nous mettons à la disposition des patients, de leur famille et des médecins, qui voudront bien participer à cette recherche européenne le numéro vert gratuit :

0 800 04 23 23

et nous les remercions par avance pour leur volonté de combattre la maladie et pour leur généreuse participation.

Consortium EUROpéen pour les études génétiques et immunogénétiques de la Spondylarthrite Ankylosante et des autres Spondylarthropathies : EUROAS.

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